Par Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, la fidélité à soi-même

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Peut-être était-ce cela, le mystère de son éloignement ? Alors que ses camarades parlaient peinture, elle regardait au-delà de la peinture, tout au fond des êtres...
...Dans le beau livre qui vient de paraître sous le titre, Moncan, on suit, depuis les œuvres de jeunesse jusqu’aux tableaux de la maturité, ce cheminement ponctué, d’une période à l’autre, de chefs-d’œuvre éclatants qui viennent confirmer l’intuition de notre jeunesse. On se trouve devant un grand peintre qui, sans jamais hausser le ton, sans céder au moindre effet, creuse sa voie, approfondit sa manière, se transforme sans jamais renier ses intuitions premières.
Des premières ébauches marquées par l’influence de son maître, un Nu assis qui lui valut le Prix Jullian du dessin (1967), Le Jeune Homme sur fond jaune de la même année, le portrait de Dom ou celui de Ma mère jusqu’à Paternité en 1968, on voit ce qu’elle devait oublier pour advenir à elle-même : la rudesse d’un dessin à la hache, l’architecture trop massive, un style fait de volumes robustes, une conception sèche du tableau avec ses monochromies étouffées.
Système puissant, éloquent, mais factice en ce qu’il fige la vie, l’emprisonne dans des lignes sévères. Un détail, mais est-ce un détail dès lors qu’il s’agit d’Art ? révèle ce maniérisme brutal, les mains, toujours énormes, mises en avant pour marquer l’effet d’optique, mais inertes dans leur démesure intellectuelle. Des mains pensées plus qu’observées. Or ces mains, Catherine va les affiner, les allonger, les étirer, les prolonger par des fils ténus qui expriment le tremblement des caresses, la recherche épuisée d’un corps aimé.
La Jeune femme en noir de 1969 marque la césure entre deux mondes, celui de l’atelier et de ses
By Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, loyalty to oneself

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A flitting ghost lost among trumpeting males, she followed their jousting with a glint of amusement in her eyes. It was as if she were sitting on a park bench watching turbulent kids at play. As if immured in her remote beauty, Catherine seemed alien to this caterwauling.
What thoughts were coursing behind that broad, smooth forehead? What feelings were hiding behind her serene gaze? Both absent and present, she smiled, shook her head, raised a long, thin hand to brush away a lock of hair and occasionally said something before subsiding back into her depths again. The more intuitive of us felt uncomfortable under the cosh of her terribly attentive gaze, her eyes seeming to see beyond appearances: not shapes, not lines and colours but a buried reality.
Maybe that's what explains her mysterious estrangement? While her companions talked painting, she was seeing beyond it to the depths of peoples' beings...
...In the beautiful book that has just been published called Moncan, we follow her on her way from her first works to her most mature later works on a path that from one period to the next is lined by explosive masterpieces that confirm the intuition we had of her from our youthful years. We find ourselves face-to-face with a great painter who, without ever raising her voice or giving in to facile effects, has hoed her row, deepened her manner and transformed herself without ever renouncing her initial intuitions.
From the first sketches under the influence of her teacher, a Nu assis ("Seated Nude") which won her the Prix Jullian for drawing in 1967, Le Jeune Homme sur fond jaune ("Young Man on a Yellow Background") the same year, the portrait of Dom ("Dom") or Le portrait de ma mère ("The Portrait of

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Catherine de Moncan
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