Par Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, la fidélité à soi-même

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rigidités, celui de la musique proustienne qui désormais habite les corps, les jette dans une quête mélancolique de l’harmonie rompue. En 1970, âgée de seulement vingt- cinq ans, Catherine de Moncan devenait elle-même. Pour se retrouver, elle n’a eu besoin ni de renier les enseignements, ni de répudier les techniques. Elle n’a fait que les assimiler, les digérer, les fondre dans son moi le plus intime. Ce sont alors autant de chefs-d’œuvre, du Baiser au Sommeil, de Tendresse I à La Porte entr’ouverte ou à Trois personnages ; ce sont, bien entendu, les illustrations proustiennes pour La Recherche, une manière de creuser dans ce qui fait sa personnalité la plus intime. C’est enfin, pour assurer la tonalité de cet univers onirique, le choix du bleu le plus profond.
Des amateurs découvrirent avec émerveillement ce monde d’une parfaite cohérence intérieure, qu’on ne peut qualifier ni de figuratif ni de surréaliste ou de fantastique, un monde  de rêveries paresseuses, d’élans épuisés, de mélancolie distraite, de solitude irrémédiable, tel Celui qui pleure , corps écrasé par sa douleur. Beaucoup, à la place de Catherine de Moncan, auraient exploité le filon. Ils se seraient abandonnés à l’ivresse facile du succès. Combien d’artistes n’ont fait, tout au long de leur vie, que répéter le même tableau ? Combien se sont noyés dans ce lâche abandon à leurs dons ?

Seuls les très grands trouvent la force de tourner le dos à leur talent. Catherine de Moncan appartient à cette espèce rare. Elle posa ses pinceaux et ses couteaux, lassée peut-être de ce bleu qui risquait de l’engloutir.
By Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, loyalty to oneself

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My Mother") up to Paternité ("Fatherhood") in 1968, you can see that to find herself she had to forget: the harshness of a rough-hewn drawing, overly massive architecture, a style filled with robust volumes, a dry conception of the painting with its stifled monochromes.
A powerful, eloquent system but false in that it freezes life, imprisoning it in severe lines. A detail – but is it a detail when it comes to Art? – reveals her brash approach: the hands, the always-enormous hands highlighted as if to mark an optical effect but inert in their intellectual exaggeration. Hands imagined rather than observed. But Catherine would refine these hands, stretch them out, lengthen them and extend them like fine threads, expressive of trembling caresses in the exhausted search for a loved body. Her 1969 Jeune femme en noir ("Young Woman in Black") is a hyphen between two worlds, that of the studio and its rigidity and that of the Proustian music that by then inhabited bodies, thrusting them into a melancholic quest of broken harmony. By 1970 at only twenty-five Catherine de Moncan came into her own. To find herself she had no need to deny what she'd learned or repudiate techniques she'd acquired. She just assimilated and digested them, letting them melt into her most intimate self. Then the masterpieces started coming: from Le Baiser ("The Kiss") to Le Sommeil ("Sleep"), from Tendresse I ("Tenderness I") to La Porte entrouverte ("The Door Ajar") or Trois personnages ("Three Characters"). And of course the illustrations for Proust's Remembrance of Things Past, a way for her to burrow into what is most intimate in her personality. It was to ensure the tonality of this dreamlike world that she chose [to paint in] the deepest of deep blues. Admirers will marvel at this perfectly consistent inner world that cannot be qualified simply as

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Catherine de Moncan
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