Par Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, la fidélité à soi-même

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1963-1973 : dix ans lui avaient suffi pour se découvrir, commencer à s’imposer. Vingt trois années s’écouleront avant qu’elle ne reprenne ses pinceaux.
Ce qu’elle a fait durant ce quart de siècle ? Ecrire, replonger dans son enfance, ressusciter les sensations de cette période originelle, dire les émerveillements et les désillusions, respirer les odeurs de ces temps abolis qui font sa durée intime, écouter chaque bruit, chaque frôlement dans la maison des songes.
Colette déjà le disait : il existe une grande tristesse des enfances parfaites, une inconsolable nostalgie du paradis perdu. Mais, si elle écrivait, Catherine n’oubliait pas de vivre : elle voyageait, elle aimait, elle se mariait, élevait ses enfants, son fils d’abord, sa fille ensuite. Elle divorçait avec une nonchalance qui désarçonnait la juge, stupéfaite par cette jeune femme qui arrivait sa main dans celle de son premier mari, qui ne demandait rien, ni pour elle ni pour son fils, qui souhaitait divorcer dans l’élégance et la discrétion, amicalement, sans griefs ni rancunes. Pourquoi se fâcherait-elle avec l’homme qu’elle avait aimé ? Elle se remaria avec une identique simplicité.
Tout, dans sa vie, se déroulait avec la même douceur, la même indifférence presque. Aucune rupture, nulle secousse, un enchaînement paisible, aussi naturel  que le sont ses gestes, que l’est son débit. Sous cette eau lisse, que de remous pourtant ! La vie n’épargnait à Catherine de Moncan aucune de ces blessures qui font les cicatrices des visages. Elle avait très tôt, sans doute dès son enfance, fait le choix de ne rien montrer du désordre des sentiments. Peut-être une perte unique, alors qu’elle était une petite fille aimante et passionnée, peut-être cette désillusion inguérissable
By Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, loyalty to oneself

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figurative or surrealist or fantasy, a world of lazy musings, weary enthusiasms, distracted melancholy, irremediable solitude as in Celui qui pleure ("The One Crying"), a body consumed by its pain. Many in Catherine de Moncan's place might have exploited this soft option. They would have given in to the easy hedonism of success. How many painters have spent their entire careers only doing one painting time after time? How many have allowed themselves to drown in this cowardly abandonment to their gifts? Only the very great find the strength to turn their backs on their talent. Catherine de Moncan belongs to this rare breed when, perhaps exhausted by that blue that threatened to engulf her, she abandoned her brushes and palette knife.
It took her ten years from 1963 to 1973 to find and begin to assert herself. There would be an intervening twenty-three years before she would take up her brushes again.
So what did she do in that quarter of a century? Write and dive back into her childhood to revive the feelings of that original time period, talk about wondrous things and her disillusionments, breathe in the smells of those vanished times that compose her inner life, listening to each sound, each rustle in the house of dreams.
As Colette has said: deep sadness can exist in the happiest of childhoods, an inconsolable nostalgia of paradise lost. But whilst writing, Catherine never forgot to live. She travelled, she loved, she married, raised children, first a son, then a daughter. She divorced with a nonchalance that disarmed the woman judge, amazed by this young woman she saw arriving at the hearing hand in hand with the husband she was divorcing, asking for nothing for either herself or her son, wishing simply to

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Catherine de Moncan
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