Par Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, la fidélité à soi-même

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l’avait-elle pour toujours désenchantée. Rien ne semblait l’étonner, le pire la laissait figée dans une stupeur lointaine.
C’est avec la même simplicité qu’elle revint, en 1996, à la peinture. L’avait-elle jamais abandonnée ? Il suffit de regarder les portraits d’Emilie, sa fille, de Ninif, tous deux de 1993, œuvres d’une perfection orientale, avec la pureté d’un dessin à la fois précis et minutieux, il suffit de les regarder pour sentir que la réflexion sur la peinture n’a jamais cessé.
On connaît la formule de Leonardo da Vinci : «  La peinture est chose de l’esprit, cosa mentale. »  On se rappelle la démonstration époustouflante que Vélasquez en fit dans Les Ménines pour plaider auprès du Roi, son protecteur et son ami, la noblesse de son art ; on n’oublie pas la fureur avec laquelle Picasso ne cessait d’imaginer une autre peinture. Après avoir acquis la maîtrise du métier, le peintre oublie sa cuisine pour penser le tableau. Les mains ne font plus qu’interpréter la partition. La musique commence lorsque le pianiste oublie ses doigts. Il en va de même pour la peinture.
Dans la décennie 1963-1973, cette pensée du tableau faisait déjà l’originalité de Moncan, l’étrangeté et la force de son art. Alors que son maître insistait lourdement sur le poids de la matière, sur la façon qu’ont les choses et les personnes de s’enfoncer dans leur présence, Catherine opposa très vite la puissance de l’esprit à cette épaisse sensualité, non pas l’esprit raisonnant, mais l’ineffable du rêve, la bizarrerie et la mélancolie du désir. Les mains dessinées par Mac Avoy ont la force de la préhension. Elles veulent saisir, broyer, dominer, toucher. Celles de Moncan osent à peine effleurer. Elles tâtonnent, cherchent, se tendent en un effort désespéré pour atteindre le sentiment hermétique,
By Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, loyalty to oneself

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divorce elegantly and discretely in a friendly manner without complaints or rancour. Why would she get angry at the man she had loved? She remarried with the same simplicity.
Everything in her life occurred with the same gentleness, the same indifference nearly. No ruptures, no jolts, a peaceful follow-up, as natural as are her gestures, as is her production. But what a ground-swell lies underneath the smooth waters of the surface! Life has not spared Catherine de Moncan any of those wounds that put scars on faces. From very early on, probably in her childhood, she had decided to show nothing of the mess of the feelings. Maybe a single loss while she was still a loving, passionate little girl, maybe that irremediable disillusion had disenchanted her forever. Nothing seemed to surprise her, the worst leaving her frozen in distant astonishment.
It was with the same simplicity that she returned to painting in 1996. Had she ever really abandoned it? To confirm that she had never ceased thinking about painting all you need do is look at the Portraits of Emilie, her daughter, and Ninif, both from 1993, works of Oriental splendour, a purity of line that is both detailed and minute.
Leonardo da Vinci once said that "painting is a cosa mentale, a thing of the mind". And we recall the impressive demonstration by Velasquez in his Las Meninas to convince the King, his friend and protector, of the nobility of his art. Then there was the fury with which Picasso kept imagining another kind of painting. Once the physical skills of painting are mastered, the painter forgets his or her "cooking" to think the painting. The hands no longer do anything but interpret the piece. Music begins when the pianist forgets his or her fingers. The same goes for painting.

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Catherine de Moncan
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