Par Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, la fidélité à soi-même

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le secret caché derrière un sourire. Le maître peignait des bras et des mains d’hommes avides, Moncan peignait des bras et des mains d’amante à jamais impuissante à renouer avec l’harmonie perdue. Il peignait peut-être la réalité, elle montrait sûrement l’impuissance de l’amour.
Lorsque, au bout de cette longue parenthèse, elle  reprend ses pinceaux, on reste saisi par la fidélité à sa jeunesse. Elle est transformée sans pourtant changer. L’apparition des couleurs, une palette éclatante, presque joyeuse, toujours malicieuse, procure le sentiment d’une délivrance. Mais de quoi Catherine de Moncan est-elle libérée ?
En 1969, elle abandonnait les influences trop sèches de l’école, les coloris brunâtres, le vert cinabre pour plonger dans le bleu de ses chimères et de ses rêves. En 1993, elle se dégage de la fascination de Proust, de l’envoûtement des phrases sinueuses, de la minutieuse et impitoyable analyse des sensations les plus ténues ; elle laisse la nostalgie des enfances perdues pour s’installer dans le présent qui est, pour elle, un Temps retrouvé. Le monde recouvre ses couleurs.
Eprouva-t-elle alors un regret ? Inachevée(1996) pose la question de ce gros manuscrit abandonné sur une table, de l’artiste prostrée, comme accablée. Comment ne pas remarquer que le tableau rappelle Celui qui pleure de 1970 ? Peut-être n’existe-t-il, pour une véritable artiste, qu’une unique tristesse devant l’exigence terrible de ses élans et de ses aspirations ?
A vingt-cinq ans d’écart, on retrouve le même désenchantement, une identique attention aux mouvements les plus imperceptibles. Jeune homme assis sur fond bleu de 1997, un authentique chef d’œuvre, répond avec des moyens plus amples et plus assurés à Celui qui  pleure, et peut-être
By Michel Del Castillo :
Catherine De Moncan, loyalty to oneself

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In the decade between 1963 and 1973 this "thinking" the painting was Moncan's originality, the strangeness and strength of her art. While her teacher was heavily insisting on the weight of matter and the way that things and people have of sinking into their presence, very quickly Catherine contrasted the power of the mind to that dense sensuality, not the reasoning mind but what is ineffable in the dream, the weirdness and melancholy of desire. The hands drawn by Mac Avoy have prehensile strength. They want to grab, crumple, dominate and touch. Moncan's hands barely dare to brush by. They tap, search and stretch in a hopeless effort to reach hermetic feeling, the secret hiding behind a smile.
The teacher painted the arms and hands of eager men; Moncan paints the arms and hands of a lover forever powerless to regain lost harmony. He may well have painted reality; she surely showed the impotence of love.
When at the closing of this long parenthesis she returned to her brushes, it is significant to see just how loyal she remained to her youthful years. She didn't so much change as transform. The appearance of colour, an exploding, almost joyous and always cheeky palette give a feeling of deliverance. But what was Catherine de Moncan being freed from?
In 1969 she abandoned the overly dry influences of art school with its brownish tones and cinnabar greens, to plunge into the blue of her fancies and her dreams. By 1993 she had uncoupled from her fascination with Proust, the enchantment of his sinuous sentences, the minutiae and pitiless analysis of the subtlest feelings. She left behind the nostalgia of lost childhood to move into the present,

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Catherine de Moncan
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